Même lorsqu’elle travaille d’arrache-pied sur un nouveau roman, France Lorrain est ravie de consacrer du temps à ses fidèles lecteurs.
« J’adore écouter leurs histoires », a déclaré Mme Lorrain lors d’une entrevue téléphonique le lendemain d’une soirée avec l’auteure, le 21 octobre à Plantagenet.
Le comité de la bibliothèque Alfred-Plantagenet a organisé l’événement à la salle communautaire Serge R. Lalonde. Une trentaine de fans locaux de l’auteure québécoise l’ont écoutée avec attention tandis qu’elle parlait de son travail, répondait à des questions et racontait des anecdotes sur ses sources d’inspiration et les défis auxquels elle est parfois confrontée lorsqu’elle prend la plume ou pose ses doigts sur le clavier pour rédiger l’un de ses romans historiques pour adultes ou livres d’aventures pour enfants.
Née à Montréal, France Lorrain a passé une partie de son enfance en Côte d’Ivoire, une ancienne colonie française située sur la côte ouest-africaine, où elle a vécu et fait ses études. Sa famille s’y était installée en raison d’une nouvelle affectation professionnelle de son père, et la jeune France Lorrain y a passé quatre années heureuses au début de son adolescence, se faisant des amis et allant à l’école.
« Beaucoup de liberté », se souvient-elle à propos de ses années en Afrique de l’Ouest. L’école durait de 7 heures à midi, après quoi elle et ses amis avaient le reste de la journée pour s’adonner à leurs propres aventures.
« Il y avait une grande ouverture d’esprit », se souvient-elle à propos de son expérience du mélange des cultures ouest-africaine et française, avec de bonnes relations en général entre les résidents noirs et blancs de la région.
De retour au Canada, Lorrain a terminé ses études et est devenue enseignante dans le primaire. À cette époque, elle écrivait déjà des romans, depuis qu’elle avait commencé à tenir un journal pendant son séjour en Afrique et à y noter ses pensées, ses impressions et ses souvenirs.
Ses premières histoires étaient destinées à ses propres enfants et à ses jeunes élèves.
« Tous les jours, j’écris quelque chose pour les enfants », dit-elle en riant. « Surtout des histoires drôles. »
Ces premiers essais littéraires ont abouti à la publication de ses premiers livres, tels que « Mon frère, Théo » et « Ma sœur, Flavie », parmi les 20 livres pour enfants et jeunes adultes qu’elle a écrits à ce jour.
Son entrée dans le monde de la fiction historique pour adultes s’est faite avec la publication en 2015 de « La promesse des Gélinas », qui est devenue une série de quatre livres racontant l’histoire des enfants d’une femme qui ont promis à leur mère, sur son lit de mort, de ne jamais se marier ni avoir d’enfants.
L’écriture du premier livre de la série a occupé Lorrain pendant deux ans, en parallèle de son travail à temps plein d’enseignante. Elle reconnaît que le postulat est curieux, explorant les raisons et l’impact sur les membres d’une famille dont la promesse faite à leur mère mourante signifierait littéralement la fin de la lignée familiale.
« Elle a beaucoup souffert », explique Lorrain, précisant que la mère veut éviter à ses enfants de souffrir comme elle a souffert et que la promesse qu’elle leur fait faire vise à garantir qu’ils ne souffriront pas.
Lorrain a souligné que sa série de romans la plus connue est basée sur une famille réelle dont elle avait entendu parler, ajoutant toutefois que dans la vie réelle, l’un des enfants avait renoncé à la promesse faite à sa mère et s’était marié.
La série « La promesse de Gélinas » a été le premier des 22 romans pour adultes qui ont occupé Lorrain pendant qu’elle continuait à enseigner à de jeunes étudiants et au cours des quatre dernières années où elle a travaillé à temps plein comme écrivaine.
Et, comme elle l’a expliqué au début de l’entrevue, elle continue de réserver du temps pour des rencontres en personne avec ses lecteurs partout au Québec et maintenant dans l’est de l’Ontario. Elle participe à au moins deux événements « Rencontre avec l’auteur » chaque mois, si possible, et elle chérit chaque occasion.
« J’adore passer du temps avec eux », dit-elle à propos de ses fans.
Dans sa maison de Mascouche, à environ 20 minutes au nord de Montréal, Mme Lorrain travaille actuellement sur une nouvelle série de romans historiques. Pour elle, faire des recherches sur la période et écrire l’histoire en même temps semble tout naturel.
« Ça se construit tout seul », dit-elle à propos de la façon dont ses histoires se développent.
Elle trouve que le processus de narration est facile pour elle.
« Je peux libérer mon esprit », dit-elle.
Raconteur d’histoires est un plaisir pour Lorrain, et même si ce n’est pas son objectif principal, elle espère également que ses récits contribueront à contrer ce qu’elle considère comme un « esprit d’intolérance » croissant dans la société.








