« Si tu es bon pour le hockey, le hockey sera bon pour toi. » Daniel Lacroix s’est remémoré cette phrase la semaine dernière, peu de temps après avoir mené les Graz99ers de Graz, en Autriche, au championnat des séries éliminatoires de la Ligue ICE, un circuit de hockey professionnel d’Europe.

Daniel Lacroix en compagnie de sa conjointe Manon Lacroix (Photo gracieusetée des Graz99ers)
Daniel Lacroix, vous le connaissez probablement. Plusieurs d’entre vous se souviennent certainement du joueur qui a roulé sa bosse à tous les niveaux du hockey professionnel nord-américain pendant une douzaine d’années de 1989 à 2001, après une belle carrière de 182 matchs avec les défunts Bisons de Granby de la LHJMQ. Un hockeyeur robuste qui a disputé 188 parties dans la Ligue nationale de hockey, endossant en cours de route l’uniforme de cinq équipes différentes: les Rangers de New York, les Bruins de Boston, les Flyers de Philadelphie, les Oilers d’Edmonton et les Islanders de New York.
Le même Daniel Lacroix qui s’est regénéré en instructeur et refait surface dans la LHJMQ en 2002 à titre d’adjoint de Christian Larue, derrière le banc des Wildcats de Moncton. Ces cinq saisons à Moncton lui ont servi de tremplin pour la LNH où il a occupé les fonctions d’entraîneur adjoint à Long Island, Tampa Bay, New York et Montréal.
Ceux qui le connaissent bien se souviennent que Daniel Lacroix a vécu les premières années de sa jeunesse à Hawkesbury et qu’il a donné ses premiers coups de patins au sein de l’association locale de hockey mineur. Il est vite devenu l’un des meilleurs jeunes joueurs de la région. Au niveau bantam, il a fait le saut au hockey AA avec les nouveaux Chiefs de la Nation-Sud. Par la suite, il a poursuivi son apprentissage à Hull, avant de graduer au hockey junior majeur québécois.
J’ai eu l’occasion de jaser avec lui lors d’une conversation téléphonique la semaine dernière, au lendemain des festivités entourant la victoire des Gra99zers. Notre dernière discussion datait d’une trentaine d’années. Le jeune homme de l’époque n’a pas changé malgré ses 56 ans. Il est toujours aussi respectueux, aussi gentil, aussi affable.
Lorsque je lui ai demandé si le jeune Daniel Lacroix qui évoluait au sein de l’Association de hockey mineur de Hawkesbury pensait un jour gagner sa vie en œuvrant dans le merveilleux monde du hockey, il a hésité quelques secondes avant de me répondre.
« Je ne peux pas dire que je pensais vraiment à ça. C’était probablement un rêve lointain, a-t-il dit avant de poursuivre avec la citation du début de cette chronique.
« Ce que je me souviens de mes années au hockey mineur, c’est une phrase que m’a dite un instructeur que j’ai connu durant mes années à Hull. Il me répétait souvent: si tu donnes au hockey et que tu es bon pour le sport. Le hockey sera bon pour toi, souligne Lacroix.
« J’ai eu une belle carrière, mais ça n’a pas toujours été facile. Il y a eu des hauts et des bas. J’ai trimé dur, très dur parfois. J’ai donné beaucoup au hockey, mais le hockey m’a donné beaucoup en retour aussi. Plein de belles opportunités se sont présentées à moi au fil des années. Des opportunités qui m’ont permis de vivre de très belles expériences. J’ai été bon pour le hockey, mais le hockey me l’a rendu, il a été très bon pour moi », a-t-il ajouté.
Le hockey a été très bon pour lui au cours de la dernière année. Cette belle réussite en Autriche lui a permis de remporter son premier championnat à titre d’entraîneur-chef. Son troisième depuis ses débuts au hockey. Le premier en tant que joueur avec les Wolves de Chicago dans la Ligue américaine de hockey et le second à titre d’entraîneur-adjoint à Moncton dans la LHJMQ.
Lacroix, qui a mis fin à une courte retraite en prenant les rênes des Graz99ers à la mi-novembre, a rapidement insufflé un vent nouveau à l’équipe qui est passée d’une formation moribonde à une sérieuse aspirante aux grands honneurs. Les Graz99ers ont été dominants au cours des éliminatoires, balayant leurs trois séries en route vers le titre.
« J’étais en Angleterre pour voir mon fils Cédric qui joue dans la ligue de hockey professionnelle là-bas lorsque j’ai reçu l’appel pour le poste, raconte-t-il. On cherchait quelqu’un pour finir la saison. On m’a fait une offre que je ne pouvais tout simplement pas refuser.
« L’équipe n’avait jamais gagné le championnat. Elle boitait un peu lorsque je suis arrivé ici. Elle manquait de raffinement », souligne Lacroix.
Lentement, mais surement les choses sont tombées en place et sous la tutelle de leur nouvel entraîneur-chef, les Graz99ers ont remporté le succès qu’on connaît.
Que réserve l’avenir maintenant? Une chose est certaine, Lacroix ne tient pas à retourner à la retraite. Il aime l’Europe et le style de vie là-bas. Il adore « coacher » et il dit carburer plus que jamais aux nombreux défis qu’amène le poste d’instructeur-chef. Il ne serait pas surprenant qu’il accepte de poursuivre la belle aventure à Graz.
Entre temps, il retournera sous peu en Lituanie où il fait partie du groupe d’instructeurs de l’équipe nationale masculine.
Oui, le hockey a été bon pour Daniel Lacroix. Certes, parce qu’il a beaucoup donné à ce sport au fil des années. Mais, aussi peut-être parce que l’homme est vraiment un chic type. Et moi, je suis de ceux qui croient fermement que de bonnes choses finissent toujours par arriver, tôt au tard, aux bons gars.







